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Le canal à grand gabarit:
Le canal à grand gabarit d'Aire à La Bassée fut ouvert à la navigation en 1825. La partie entre La Bassée et Béthune fut ouverte le 1er mars 1825 par un arrêté en date du 28 février 1825.
La partie entre Béthune et Aire-sur-la-Lys fut ouverte à la navigation le 25 octobre 1825 par un arrêté en date du 16 octobre 1825.

Le canal de Beuvry:
Avant l'implantation du chemin de fer et du réseau routier, le cheminement de la production se faisait par les voies d'eau.
Les houillères ont donc installé à Beuvry, la gare d'eau et le rivage et les ont reliés par un canal à celui d'Aire.
Au départ ce canal devait aller jusque Verquigneul, mais pour des raisons techniques et financières, ce canal s'arrêta à Beuvry et seul le projet initial fut effectué. Sa longueur est de 2500 mètres.
La construction fut autorisée par décret impérial du 17 avril 1861 et construit la même année. La compagnie de Vicoigne devait construire un canal entre le canal d'Aire à la Bassée et la route impériale n°41, y compris le pont sur cette route et un bassin en amont du pont.
Le cahier des charges annexé au décret stipulait:
a) Que la Compagnie s'engageait à exécuter à ses frais, risques et périls et à terminer dans le délai de trois ans tous les travaux nécessaires à l'établissement de ce canal.
b) La largeur du canal au plafond serait de 6m avec des talus inclinés à 1,5 de base pour une hauteur de lm. La digue de halage devait avoir une longueur de 5 m non compris les contre-fossés, et la digue de marchepied une largeur de 2m.

Le cahier des charges fixait en outre les caractéristiques des ouvrages à construire, mais aussi que la Compagnie pouvait:
Alimenter le canal au moyen des sources des marais de Beuvry et au besoin à l'aide des eaux de la Loisne.
Qu’il lui était interdit d'y jeter ou d'y laisser jeter sous quelque prétexte que ce soit des eaux malsaines.
Qu'elle devait établir l'écoulement de toutes les eaux dont le cours serait arrêté par les travaux et assurer au moyen d'aqueduc,
siphons, le passage sous le canal de la rigole militaire destinée à conduire au besoin dans la Deûle, les eaux de la Loisne et des marais de Beuvry ainsi que la rigole de dessèchement destinée à conduire dans le siphon des Barizeaux les eaux des marais à dessécher à droite du canal à construire.

L'article 26 de ce cahier des charges fixait les droits de péage que la Compagnie était autorisée à percevoir pour l'indemniser des travaux exécutés:
Tarif par tonne et par kilomètre:
* Marchandises de 1ère classe (toutes celles qui ne sont pas en 2ème classe): 3 centimes
* Marchandises de 2ème classe: (bois, produits chimiques, houille, minerais, pierres, briques, etc.): 2 centimes
Les bateaux vides ne payaient pas de péage.

Les travaux furent terminés le 15 octobre 1863.
La compagnie fut exonérée de construire l'autre partie du canal à condition de:
  1. Construire et entretenir à ses frais un chemin empierré entre la route Impériale n°41 et le port d'embarquement situé près de Beuvry.
  2. Elle laisserait aussi un emplacement libre de 40m sur ce port pour le service public.
  3. Établir un service public de marchandises sur le chemin de Nœux au canal de Beuvry à Gorre.

La ligne de chemin de fer de Nœux à Beuvry avait été concédée par décret du 18 juin 1862.
Y figurait également le terme de la concession fixé au 31 décembre 1999.
Selon un contrat avec l’État, ces installations appartenaient aux compagnies houillères (de Vicoigne et de Nœux) durant le temps de l'exploitation,puis par concession revenaient à l’État donc aux Voies Navigables de France (VNF).

L'aménagement du rivage:
Afin de faciliter le chargement des péniches, il a fallu installer un cavalier (remblais).
Pour la création de ce dénivelé, on a apporté des matériaux qui pour des raisons de disponibilité, étaient constitués de déblais issus de l'exploitation minière locale.
Sur ce remblai furent installées les infrastructures: le réseau de rails comprenant des voies de garage, des échangeurs et une voie permettant de faire demi-tour.
Les travaux de l'établissement des voies à Beuvry coûtèrent:
       - Embranchement ferré : 427 938,20 francs.
- Canal de Beuvry: 258 590,15 francs.
Ainsi une rive servait aux chargements du charbon et sur la rive opposé, on créa une station de stockage qui recevait les matériaux utiles à l'exploitation minière :
le bois et le brai (résidu utilisé pour la fabrication d'enduits d'étanchéité).
Le rivage était une des stations d'expédition du charbon de la région minière sous différentes formes selon l'époque (grains maigres, et boulets à partir de 1936).
Le charbon arrivait de Nœux-les-Mines et de Labourse par rails.
 
Histoire du Rivage:
Le quartier du rivage de Beuvry a vécu aux rythmes des activités minières de la région, de 1862 jusqu'au 1er janvier 1965.
Avec les lavoirs à charbon qui nécessitait de très grande quantité d'eau, la compagnie de Vicoigne dût construire en 1885 une usine élévatoire à Beuvry près du rivage.
En 1889 cette usine fut doublée pour fournir l'eau nécessaire aux besoins industriels mais aussi à l'alimentation en eau des cités ouvrières.
Cette usine hydraulique comprenait 1 machine de 10 chevaux installée en 1885, capable de refouler 2100 mc/24 heures à 55 mètres de hauteur.
Une seconde machine de 60 chevaux fut installée en 1899 pouvant refouler 6000mc/24 heures à 60 mètres de hauteur.
2 réservoirs de 500mc chacun furent établis sur le terril de la fosse n°1 de Nœux.
Un bassin de garage (gare d'eau) de 2 ares de superficie fut construit en même temps que le canal. Il pouvait recevoir 60 bateaux.
Deux grues à vapeur servaient à l'embarquement des charbons. On pouvait y embarquer 3000 Tonnes/ 24 heures.
Il y avait aussi des appareils mélangeurs et un concasseur à gailleterie permettant de préparer les combustibles suivant les demandes de la clientèle.
La superficie du bassin de chargement est de 47 hectares. Les quais ont un développement de 350 mètres.
Les deux grues à vapeur pouvant lever 3000 kilos servaient à soulever les caisses des wagons et à en vider le contenu dans deux trémies de chargement.
Un bec articulé et tournant autour de son axe permettait de déposer le charbon sans secousses et sans bris dans les différentes parties du bateau et à différentes hauteurs.
Le coke et les briquettes étaient chargés à la main.
Les trémies uniques par leur forme dans la région ont été construites en 1936.

La réhabilitation du site:
Resté sans trafic depuis 1965, sans entretien, la ville de Beuvry se positionne pour en faire l'acquisition afin d'y créer des aménagements pour la jeunesse et le tourisme.
En 1976 le service de la navigation entreprend l'étude du dossier.
En 1978, un accord entre les Houillères possesseurs du canal et des terrains et le service de navigation est en proposition.
Le 17 mars 1981, un décret ministériel a mis fin à la concession des Houillères.
L'aménagement pour la jeunesse et le tourisme de la ville de Beuvry peut commencer, comprenant une base nautique, un terrain de camping, d'espaces verts et de promenades.
En 1996, un accord valable sous convention à compter du 1er janvier de cette année autorise la destruction des trémies sous respect de requalification en espaces verts
par la commune de Beuvry et L'EPF (établissement public foncier).
L'EPF crée le 19 décembre 1990 par l’État, intervient lors de la réhabilitation d'une friche industrielle depuis le diagnostic préalable jusqu'à l'entretien, pendant deux ans,
des espaces requalifiés après travaux.
Ainsi fin 1996 et début 1997, les trémies disparaissent pour laisser place à un espace vert et de promenade. Une page d'histoire se tourne.
Seul vestige aujourd'hui, le support de la grue à vapeur vers les terrains de tennis et une partie du mur du cavalier derrière la base nautique.

Données géologiques:
La zone des trémies est posé sur des alluvions modernes (sables fins et limons vaseux), reposant eux-mêmes sur du limon pléistocène (limon argilo-sableux).
Ce limon s'étend au-dessus d'une craie sénonienne à Microster decipiens (craie blanche à silex)
Fin du 19ème siècle un apport de déchets de l'exploitation minière a été ajouté pour créer un remblai que l'on appelle cavalier, le long du canal.
La nature géologique des lieux n'a pas été modifiée mais les terrains sous-jacents ont été compactés et l'écoulement des eaux de surface perturbé.

Données géographiques:
Les trémies sont situées entre la rue Jules Weppe et la rue Henri Lefebvre, sur une longueur de 725 mètres pour une surface de 60 000 m2

 

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