2° Pourquoi a été construite cette chapelle ?
Si on jette un regard vers l’ouest on aperçoit dans le lointain, à 3 kms de distance l’église paroissiale St Martin ; si on se tourne vers le N.E c’est celle de Gorre que l’on découvre à peu près à la même distance. Cette distance à parcourir, la proximité du canal qu’il faut franchir et longer d’un côté comme de l’autre, font que l’hiver surtout, cela devient un très gros problème pour les familles d’assister à la messe et impossible pour les enfants qui se préparent à faire leur première communion. Le résultat de cet état de choses se traduit inévitablement par un relâchement des pratiques religieuses dans bon nombre de familles. Cela ne signifie pas pour autant qu’on soit hostile à la religion ; on continue à faire baptiser les enfants à leur faire faire leur première communion, on se marie à l’église , on enterre ses morts religieusement, mais c’est tout. On ne connaît plus le chemin de l’église que pour ces circonstances exceptionnelles ; cependant toutes considérations prises, on est bien obligé de convenir que fatalement ce résultat était inévitable et que pour y remédier un seul moyen était possible : construire une chapelle assez grande où chaque dimanche une messe serait dite et où les enfants pourraient venir au catéchisme et suivre les offices religieux qui leurs sont imposés pour la préparation de leur première communion.
C’est donc chose faite maintenant et il y a lieu de s’en réjouir.
Le grand et principal artisan est notre Doyen.
Mais alors et c’est la question, seul M. le Doyen pourrait par les temps actuels où tout est hors de prix, où on ne fait pas grand chose avec un million ; comment M. le Doyen a t’il pu réaliser un tel tour de force et en si peu de temps ? Bien sur M ; le Doyen a trouvé tout de suite un groupe d’hommes de bonne volonté pour l’aider à réaliser son projet ; qui pour dessiner des plans, qui pour assurer la direction technique des travaux, manipuler les matériaux etc…mais avant tout il a fallu un gros capital de démarrage. A cette question, sauf M. le Doyen pourrait répondre, mais ce dont on est certain et connaissant sa grande générosité, c’est sa bourse personnelle qui a du subir une importante amputation.
Si l’on ajoute à cela toutes les démarches qu’il a fallu faire pour palier aux difficultés d’approvisionnement, tourner les difficultés de toutes sortes qui surgissaient à chaque pas, on est forcé d’avoir pour lui une grande admiration et une indéfectible reconnaissance. Sa grande modestie dût-elle en souffrir je dois vous dire, Monseigneur, et je suis l’interprète de toute la population de Beuvry, que nous l’aimons déjà beaucoup notre cher Doyen, que nous l’aimerons d’avantage encore et que s’il doit un jour nous quitter, ce sera avec grand regret que nous le verrons partir.
3°Par qui ?
A part quelques cultivateurs, 5 ou 6 je crois, et quelques artisans, la grande masse de la population de ce hameau sont des ouvriers dont la majeure partie sont des mineurs ou assimilés. Tous des braves gens, Monseigneur, aimant leurs foyers, leurs petits lopins de terre qu’ils cultivent avec amour et qui pourvu qu’on leur donne le nécessaire pour vivre honorablement avec leurs femmes et leurs enfants, sont les meilleur gens du monde.
A cette population il y a lieu d’ajouter les mariniers de passage qui, pour la plupart sont encore pratiquants et seront heureux de pouvoir, le dimanche, assister à la messe sans devoir trop se déplacer.